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Mise à jour : 21 octobre 2014

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Carré Rondelet de Montpellier

Teatro La Frontera : corps et musique se mêlent au milieu de l’Océan

L’odyssée de Novecento

dimanche 11/12/2011 - mis à jour le mercredi 16/10/2013

Les lumières s’éteignent. Le piano nous envoie le souffle d’une tempête en plein océan. Et commence alors le voyage de Novecento entre l’Europe et les Amériques, métronome qui va faire de lui l’auteur d’une musique insaisissable, portant des vagues de migrants, des vagues d’espoir et de misère.

Mise en scène par Violeta Gal, l’œuvre magistrale d’Alessandro Baricco est interprétée par deux frères, Luca et François Di Carlo, dont la complicité sur scène fait des merveilles. L’un se consacre à la description du monde par la musique, donnant le rythme et la couleur de l’évolution de la vie de Novecento. Avec ce défi de devoir se mesurer à cette mélodie qui sort d’un livre. L’autre ajoute à la beauté du texte son interprétation par le corps, à travers la danse qui raconte la musique du pianiste des mers.

Violeta Gal a voulu s’appuyer sur une lecture originale et créative pour « approfondir l’interprétation ». Notamment, en suggérant au comédien de transmettre l’émotion de Novecento par le corps, et au musicien de nous raconter l’histoire, de nous raconter l’Océan. Dans une recherche de sincérité par l’épuisement du comédien sur scène, le corps devient l’expression du génie musical de cet homme qui a passé toute sa vie sur un bateau. François Di Carlo fait parler tous les personnages de la vie de Novecento, qui ne comprend comme personne le monde dans lequel il vit.

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Aussi, quand Jelly Roll Morton (personnage réel du début du vingtième siècle interprété par Johann Weber) monte sur le bateau pour provoquer Novecento en duel, ce sont deux visions du monde qui s’opposent. L’ « inventeur du jazz » représente celle de la concurrence, de l’adversité, bref celle du monde réel. Cette « intrusion » déstabilise le spectateur, tout comme Novecento qui ne comprend pas. Il y répond donc par la créativité, par l’humanité. « On a oublié ce dont on a besoin pour vivre. Novecento nous le rappelle. » [1]

Le texte décrit une temporalité précise, le début du vingtième siècle, dont les enjeux sont relativement similaires à ceux de notre époque. « On vit toujours en temps de guerres, de migrations »  [2]. Novecento finit par se suicider car il ne peut pas vivre dans le monde réel. « C’est un suicide politique, comme une grève de la faim ou une immolation par le feu. »  [3]

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C’est le théâtre en général que Violeta Gal veut remettre en question. « Les artistes se sont mis sur un piédestal alors que jouer sur scène est un acte politique en soi, on ne peut pas penser que c’est un acte gratuit. Une part de nous-mêmes doit rester sur scène. » Elle insiste d’ailleurs sur le simple rôle d’intermédiaire qu’a l’artiste entre l’art et le peuple. « Si le public peut se remettre en question, j’ai tout gagné. » C’est ce qu’elle a ressenti le jour un lycéen lui a dit à la fin de la pièce : « Ce serait génial que Novecento existe vraiment. »

La toute jeune compagnie Teatro La Frontera, s’appuie sur un théâtre en mouvement qui veut dépasser la contemplation et susciter la réflexion. Un véritable appel est lancé à l’imaginaire du spectateur. La compagnie franco-chilienne déboussole le public en brouillant les frontières entre terre et mer.

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Notes

[1Violeta Gal

[2idem

[3idem

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