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Mise à jour : 13 février 2012

Dérapage (in)contrôlé

mercredi 27/02/2008

Rien ne va plus, les dés sont jetés. Le samedi 23 février est entré dans les annales comme le premier jour du reste de la vie politique de Nicolas Sarkozy.

Premier acte : quatre mots, prononcés devant caméra, qui prouvent que la rupture est bien entamée entre le président de la République et les Français. « Casse-toi, pauvre con ». Comme si, plus que de s’adresser au visiteur du Salon de l’agriculture qui venait de l’apostropher, le chef de l’État nous avait tous insulté. Vous, moi, nous. Un crime de lèse-citoyen difficile à digérer. Dans les heures qui suivent, c’est l’emballement. Un tollé national de premier plan, et pire encore, une surenchère dans tous les médias internationaux. À ce moment-là, Nicolas Sarkozy sait que son écart de langage peut lui coûter les municipales. L’échec dans quelques jours aux élections locales aurait alors un goût de défaite personnelle, lui qui leur a donné un enjeu national. Et il est déjà embourbé jusqu’aux épaules : chute constante de sa cote de popularité dans les sondages, aveu de son incapacité à régler le problème du pouvoir d’achat, effets d’annonces qui font "pschitt"... À force de s’afficher, il en a perdu toute crédibilité.

Excuses bidonnées

La bourde du Salon de l’agriculture, c’est la goutte qui fait déborder le vase. Mais le président connaît la théorie des vases communicants, et sa rencontre à l’Élysée avec des lecteurs du Parisien-Aujourd’hui en France, lundi, arrive à point nommé pour rétablir un tir bien loupé. Deuxième acte : mardi matin, le journal paraît, avec comme titre à l’interview du président, une phrase qui ressemble à des excuses. « J’aurais mieux fait de ne pas lui répondre ». Ouf, Nicolas Sarkozy a repris ses esprits, rangé son orgueil de jeune coq pour enfin revêtir son costume de président et les responsabilités qui vont avec. L’espoir fait vivre, mais dans la matinée il a été tué par Dominique de Montvalon. Le directeur de la rédaction du Parisien a révélé que l’interview publiée n’était pas sincère : elle a été modifiée lors de la rituelle vérification par l’Élysée. En clair, cette phrase de remise en question, d’excuses envers les Français, ce n’est pas Nicolas Sarkozy qui l’a prononcée, ce sont ses conseillers qui l’ont rajoutée. Les représentants politiques trichent, les médias suivent... La république est morte, vive la république !

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1 réaction

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  • Dérapage (in)contrôlé

    16 mars 2008 17:32, par la vieille dame

    Répondre à ce message

    C’est vrai, Mr Sarkosy a cru bon de désacraliser la fonction présidentielle et il en récolte aujourd’hui des dommages collatéraux qu’on a envie de décrire comme mérités. Un président plus "proche" des gens, pour le meilleur et surtout pour le pire... Je peine cependant à comprendre quel intérêt peut-on trouver à s’acharner à ce point sur ce dérapage verbal, au point d’avoir rendu la première réplique du merveilleux dialogue - "touche-moi pas, tu me salis..."- quasi-tolérable... Une forme d’entêtement qui me semble relever d’avantage d’un désir d’éloquence que d’objectivité.

    La peopolisation du président qui soulève tant de haine aujourd’hui est à mon avis autant liée à la gourmandise des journalistes et à l’appétit d’un grand nombre de lecteurs qu’à la personnalité narcissique du chef de l’état et à ses éventuelles fautes de goût.

    Enfin, petite rectification pragmatique à propos de ce qui suit : "Comme si, plus que de s’adresser au visiteur du Salon de l’agriculture qui venait de l’apostropher, le chef de l’État nous avait tous insulté. Vous, moi, nous." ; non, je ne me suis pas personnellement sentie insultée.

CQFD //

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